Réalisé par Wong Kar-Wai
Avec Leslie Cheung, Jacky Cheung, Maggie Cheung
Film hong-kongais. Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h 33min. Année de production : 1990
Titre original : Days of Being Wild
Distribué par ARP Sélection
Synopsis
Dans les annees 60 a HongKong, Yuddy, eleve a la diable par sa mere adoptive, indolent et charmeur, se laisse bercer par la vie, passant de bras en bras, seulement alarme quand on lui propose le mariage. Narcissique, obsede par le besoin qu'il eprouve de decouvrir ses origines, Yuddy quitte amis, maitresses et mere pour partir aux Philippines a la recherche de son passe.
Commençons cette petite rétrospective des filmsde Wong Kar Wai par le premier film de sa trilogie, à savoir Nos Années Sauvages. En effet, ce film est le commencement de la longue histoire de plusieurs personnages, qui dans chacun des trois films (avec In The Mood for Love et 2046), suit leur évolution. Chacun des personnages vont s'entrecroiser, se rencontrer, vivre d'intenses relations, se quitter, s'oublier, puis se souvenir.
Nos Années Sauvages fait donc office d'ouverture, en abordant le thème de la jeunesse, de la quête d'identité, de la solitude, des premiers amours, des premières souffrances. L'âge pour lequel la vie s'ouvre à vous, vient se confronter directement avec vous; c'est cette difficulté à affronter cette nouvelle vie qui nous est offerte que Wong Kar Wai choisit de mettre en scène.
Le réalisateur commence par exposer le personnage de Yuddy (Leslie Cheung), au cours des années 60 à Hong-Kong; élevé de façon peusuivie par sa mère adoptive, il s'applique à collectionner les conquêtes féminines. Alors qu'on le pense attacher à sa dernière en date, Su Lizhen (Maggie Cheung), l'annonce d'un probable mariage le fait aussitôt fuir, comme si le moindre point d'accroche pouvait être une atteinte à sa liberté. Il décide d'abandonner Su Lizhen, la laissant seule et désemparée. Cette dernière, commence à l'attendre au bas de la rue, la nuit; elle fait la rencontre d'un policier, et se confie pendant quelques soirées à lui, avant de partir, dans l'espoir d'une nouvelle perspective. Quand à Yuddy, aprés avoir faire le malheur d'une autre femme, il décide de partir retrouver sa mère biologique, aux Phillipine. Pourtant, c'est le rejet de cette mère qui l'y attend, et c'est ce rejet qui va le détruire. Aprés cette cruelle déception, il croise la route de ce même policier qui s'était confié à Su Lizhen; tout en parlant avec lui, il prend finalement conscience, que, aprés sa lacheté, c'était pourtant un véritable sentiment d'amour qu'il avait pour elle; mais pourtant, il est déjà trop tard.
Wong Kar Wai filme le parcours de chacun des personnages, à travers leur errance, leur expérience, leur sentiments, avec une finesse incroyable. D'ailleurs, les acteurs qui les incarne sont tous formidable; Leslie Cheung touchant par sa destinité desesperée, Maggie Cheung, incarne, comme tout au long de l'oeuvre du réalisateur, un amour sensible, un romantisme désanchanté, unique. Les images sont d'une beauté surprenante: il possède cette capacité à sublimer le moindre élément. Rythmé par une musique prenante, le film nous transporte. Ensuite, la richesse du film provient également de ses dialogues; l'écriture est empreinte d'un profond symbolisme (caractéristique qui d'ailleurs se retrouve dans toute l'oeuvre du réalisateur d'ailleurs), et nous amène d'autant plus à prendre conscience de la façon dont Wong Kar Wai touche avec justesse l'âme humaine, que se soit de par ses tourments ou ses joies.. Nous retrouvons enfin quelques petits détails annonciateurs des deux films qui completeront cette oeuvre; le numéro de la porte de chambre (2046), le prénom du personnage de Maggie Cheung, l'apparition de quelques seconde de Tony Leung. En quelques mots, Nos Années Sauvages commence ce tryptique en filmant la liberté qui s'ouvre à notre jeunesse, les joies, les désillusions et les souffrances auquelles chacun des personnages se retrouvent confronté; mis en scène avec une subtilité et une beauté remarquable, comme seul Wong Kar Wai peut le faire.



